Le jeûne qui plaît à Dieu ?

Méditation inspirée du Livre d’Isaïe et offerte à toute la communauté chrétienne de l’Eglise Catholique.
Le jeûne qui plaît à Dieu !
« Quel est donc le jeûne qui me plaît ? » (Isaïe 58,1-9)
Chers frères et sœurs en Christ, à cette réplique de Dieu par la bouche de Son prophète, nous avons réfléchi, longuement médité sous Son regard.
Il est vrai que nous invitons, partageons notre repas, donnons le pain aux affamés. Il est vrai que nous prions, nous adorons, nous louons, nous jeûnons, nous faisons l’aumône, nous nous mortifions en gestes de repentir, distribuons pardons et bénédictions, nous allons même jusqu’à enseigner La Parole de Dieu ! Oui il est vrai que nous pratiquons, et le soir arrivé, nous nous reposons en « bons croyants », du bien que nous avons fait.
Mais que croyons-nous, et en qui croyons-nous ? Que pratiquons-nous au juste et pourquoi ? Sommes-nous conscients de ce que nous faisons presque machinalement année après année, jour après jour, alors que celui qui est à côté de nous dans le banc public de nos églises, nous ne le voyons même pas ? Non nous ne voyons pas la peine qu’il a, nous ne ressentons pas le chagrin qu’il porte, qui le broie, quand nous l’abandonnons pour aller fièrement et ostensiblement « prendre la communion », manger du bout de nos lèvres, l’« hostie » en laquelle nous reconnaissons le corps « consacré » de ce Christ que nous osons dire : ‘MISERICORDIEUX’, et qui lui est refusé pour un temps et une raison indéterminés !?
Celui que nous larguons ainsi à toutes les eucharisties célébrées, que savons-nous de lui ? Avons-nous « pénétré son cœur et sondé ses reins » avant de le sanctionner ? Savons-nous au juste ce qui le fait vibrer ? Avons-nous une fois été solidaires à son chagrin par l’injustice qu’il subit ? Nous lui avons-nous au moins une fois dit : « Aujourd’hui je t’offre ma communion. Je reste avec toi, dans ton banc, et je te tiens la main ! » Et pourquoi ferions-nous une chose pareille ? Serait-ce parce que, contrairement a lui, ouvertement et publiquement, nous n’avons rien à nous reprocher ? Serait-ce parce que c’est son péché et pas le nôtre ? Posons-nous donc la question : Que ferait le Christ, Notre Seigneur et Maître, Le Miséricordieux, Lui qui prend la défense des prostituées et mange avec les plus souillés de Sa Communauté ?
Chers frères et sœurs ! Sa réputation n’est plus à faire pour nous qui sommes ses disciples ! Nous savons ce qu’Il ferait dans un tel cas d’injustice ! Nous savons qu’Il Se donnerait sans compter, comme Il l’a toujours fait ! Il est une de Ses Paroles, prononcée avant même qu’Il ne monte en Croix et qui « résonne comme un cor » à chacune de nos assemblées aujourd’hui encore, et qui transpire ce à quoi notre prochain qui a faim aspire : ‘Prenez et mangez-en TOUS, prenez et buvez-en TOUS car ceci est mon corps, ceci est mon sang ’ ! Cette Parole ne nous appelle-t-Elle pas TOUS ? Ne nous absout-Elle pas TOUS ? Ne devrait-Elle pas nous ramener à la raison, nous interpeller, nous parler, nous faire voir le mal-être de notre prochain qui ne demande que d’être «reconnu » par TOUTE sa communauté ? Jusqu’à quand continuerons-nous à L’ignorer, à faire semblant de ne pas L’entendre, de ne pas saisir et donner tout son sens à Cette Parole Divine, Ce Mot Divin qui nous unirait : TOUS ?
Nos mains sont sales des « interdits » que nous cautionnons tout au long de l’année et nous osons serrer, en geste de paix, celles de celui que nous accusons et abandonnons, sans l’ombre d’une compassion ! Quelle est donc cette paix que nous donnons ? Quelle est cette nourriture pour TOUS que nous consacrons de nos mains, que nous partageons en mémoire de Notre Seigneur, alors que nous savons en notre for intérieur, qu’à TOUS, nous ne donnerons pas, mais donnerons seulement à quelques membres de notre communauté, ceux choisis par nous, et que nous appelons dans le secret de nos confessions : « les élus »?
En toutes nos dévotions charismatiques, sacrements donnés, 40 heures et messes consacrées, catéchismes et dogmes hautement institués, courbettes et génuflexions exagérées, en ces ‘lectios divinas’ que nous lisons, méditons, épluchons, ruminons, jour après jour, nous disons venir à Christ, pour Le consulter ! Posons-nous la question comme Dieu nous la pose aujourd’hui en Sa Parole : Est-ce pour « connaître Ses chemins » ou notre propre destin ? Est-ce pour Lui confier les chagrins de nos voisins, ou Lui demander de confirmer notre lendemain ? Dieu n’a que faire de nos témoignages de fidélité alors que nous agissons selon notre propre « intérêt » contre notre frère que nous considérons en état de péché sans espoir de le réconcilier ? Comment voulez-vous que nous soyons encore tenus par Lui en honneur de sainteté ?
Quand nous nous approchons de Son Fils, pour prendre Son corps en nourriture, en croyant fermement que notre âme est lavée, pure et sainte, à cause d’une parole répétée sans questionner par un préposé, et de quelques pénitences bien récitées, ne voyons-nous pas combien elle s’est souillée à la seconde où nous avons délaissé notre semblable dans le banc qu’avec lui nous partagions ? Oui nous laissons pourrir notre prochain d’un péché que nous jugeons et qualifions d’innommable, et nous ne voyons pas le nôtre, en la différence que nous lui réclamons ? Comment sommes-nous différents de « celui qui peine pour nous » et que nous tenons emprisonné par nos jugements ? Comment osons-nous nous mortifier, nous signer de cendres, quand d’elles, notre âme n’est pas encore née ? Comment osons-nous dire que nous aimons Dieu, quand, par nos sanctions erronées, nous « abandonnons Sa loi » et ignorons le premier de Ses enseignements ? Comment voulez-vous qu’Il se rapproche de nous quand de notre semblable nous nous éloignons ? Comment voulez-vous faire « entendre là-haut notre voix », alors que nous ne faisons même pas le poids ici-bas ? Comment après tout cela, oserions-nous dire devant Dieu, que nous sommes les disciples bienheureux de Son Fils Précieux?
Chrétiens catholiques, membres d’une même communauté, appartenant à la même église, « frères et sœurs en Christ » comme nous nous plaisons à nous appeler, où est donc la compassion, la miséricorde qui se doit d’être pratiquée par tout enfant de Dieu ? Qui, que sommes-nous en vérité ? Ne sommes-nous pas TOUS des hypocrites et des insensés ? Vous en jugeant, en cautionnant, en larguant sans pitié et avec le sourire, et nous en demeurant assis et muets dans notre banc, vous approuvant bêtement ? Devant Dieu, nous sommes aussi fautifs que vous ! Mais Il sait que nous ne marchons plus à ce rythme, car cela fait longtemps que nous ne voulons même plus rester assis dans notre banc vous regardant vous en aller, comme soumis à votre démarche ! Nous refusons de nous « dérober à la peine de notre prochain », nous ne voulons plus « courber la tête comme un roseau » ! Nous ne jeûnons plus, nous ne jeûnerons pas, car « L’Epoux est là » ! Il ne nous a jamais quitté ! Et cette fois encore, quitte à nous répéter, nous crions « à pleine gorge » et “dénonçons nos fautes, comme Dieu Lui-même nous le demande en Sa Parole : « Quel est donc le jeûne qui plaît à Dieu ? »
Chers frères et sœurs, ce n’est pas la dispute et la querelle que nous cherchons, ce n’est pas le coup de couteau dans le dos que nous donnons. Ce que nous réclamons, pour nous et pour nos frères divorcés remariés, c’est la réconciliation ouverte, la reconnaissance, l’appartenance, la solidarité, la joie de vivre et de partager en vraie « communauté », le corps et le sang de Jésus Christ Notre Seigneur ! N’est-ce pas là le droit de tout chrétien baptisé de se savoir reconnu et aimé par sa communauté ?
A quand ce jour ? Quand verrons-nous ce moment, si nous sommes toujours les seuls à lutter, à crier, à témoigner !? Quand écouterons-nous ensemble le cri de Dieu qui revient encore ce carême en Ses fortes Paroles, pour rendre justice et libérer les « opprimés » délaissés en les divorcés remariés, tenus en laisse par les interdits depuis trop d’années ! Dieu vient pour « délier les chaînes injustes » que nous avons liées à nos poignets par notre manque total de solidarité ! Il vient pour « briser tous les jougs » ! L’entendrons-nous ENFIN cette année ?
Chers frères et sœurs, tant que les paroles du Christ qui s’offre à TOUS, ne résonneront pas en vérité comme Il les a prononcées ; tant que le pain ne sera pas offert, partagé, donné de bonne volonté à TOUTES Ses brebis, comme Il le réclame, croyons qu’à chaque ‘eucharistie’ que nous célébrerons, la coupe que nous nettoierons avant de communier, restera souillée de l’intérieur comme de l’extérieur !
Le jour de la Résurrection est un jour bien accueilli par le Bon Dieu, car il est le jour qui voit la victoire du Bon sur le Mauvais ! En notre âme et conscience, croyons-nous que Dieu admettrait que certains de Ses Enfants, invités à même titre à Sa noce, jeûnent ce jour-là ? Si nous le croyons, alors l’Epoux se gardera bien d’être Présent. Et TOUS les invités jeûneront sans exception ~ en vraie solidarité !
Chers frères et sœurs, les divorcés remariés de votre communauté, attendent avidement leur moment de résurrection ! Ils attendent dans l’angoisse, et l’impatience, le bonheur de fêter main dans la main avec vous, toute la communauté de l’Eglise à laquelle ils appartiennent pleinement, la Grande Fête de Pâques ! Serons-nous cette année solidaires à leur cri ? Leur offrirons-nous une intention de prière, une de nos eucharisties, une voix ? De grâce, osons être une vraie communauté ! Soyons solidaires, répondons favorablement à la Volonté de Notre Dieu : Offrons-Lui “le jeûne qui Lui plaît” ! Seulement alors, TOUS UNIS dans une seule et même fraternité, nous pourrons oser lever la tête et Lui rendre gloire en chantant d’un SEUL CŒUR, d’une SEULE VOIX : ALLELUIA, CHRIST EST RESSUSCITE!
Amen +
« Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N’est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t’accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » (Isaïe 58,1-9)
+Maurice & Doris David
Gratis pro Deo
19 février 2010
