« Qu’est-ce que l’homme… ? »

MEDITATION

selon les Lectures du Jour :

• Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens1,15-23.
«l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.»

• Psaume 8
«Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?»

• Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,8-12.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu. Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu. Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire.»


Biens chères sœurs et chers frères,

Que la Paix de Jésus-Christ notre Seigneur nous soit accordée au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.  Amen +

Ce qui suit n’est ni une nouvelle révélation ni une parole ajoutée à l’Évangile. C’est ce que j’ai reçu dans la prière, à la lumière de la Parole de Dieu. Je le dépose humblement, afin que chacun puisse l’accueillir et le discerner dans son propre cœur, et avec foi qu’à travers Le Saint-Esprit, Jésus en disposera selon Sa Sainte Volonté.


 

RÉFLEXION

J’aimerais ce matin, après avoir prié sur les trois Lectures proposées aujourd’hui, revenir sur cette question que pose le psalmiste :

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?»

Et tenter d’y répondre. Cependant, sans la lumière du Saint-Esprit, ma réponse ne serait que le fruit de ma pensée humaine et risquerait, de ce fait, de demeurer incomplète. C’est pourquoi j’invoque ici Ta présence, ô bienheureux Saint-Esprit. Viens, par l’intercession de Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme pour notre salut, éclairer ma pensée, afin que ma bouche publie Sa Volonté et que mes paroles ne me conduisent jamais à prendre Sa place.

« Qu’est-ce que l’homme… ? »

La première pensée qui me vient à l’esprit en réponse à cette question est cette parole de saint Paul aux Corinthiens :

« Vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit. » (1 Corinthiens 3, 9)

Et quelques versets plus loin, l’Apôtre leur pose cette question :

« Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Corinthiens 3, 16)

Cette Parole me semble rejoindre ce qu’il nous enseigne dans la première Lecture de ce jour, lorsqu’il parle de l’Église comme de l’accomplissement du Christ, comblé de la plénitude de Dieu.

Si je comprends bien, l’homme n’est donc pas seulement une créature dont Dieu prend soin : lorsqu’il accueille le Christ et se laisse habiter par Son Esprit, il devient aussi un lieu de Sa présence, appelé à participer à Son œuvre. Le chrétien est appelé à devenir une demeure vivante de Dieu, mais il n’est pas une demeure isolée : avec ses frères et sœurs dans le Christ, il appartient à un seul Corps, dont Jésus-Christ est la Tête.

Ainsi, chacun reçoit une place, une vocation et une mission qui lui sont propres, sans jamais cesser d’être membre de ce Corps qui nous unit les uns aux autres.

  • N’est-ce pas cela, ô Saint-Esprit ? Que dis-Tu ?

Lorsque j’ai ouvert le Livre des Saintes Écritures pour y chercher une réponse, voici ce que j’ai lu :

« Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : “Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.” »

(Matthieu 28, 18-20)

Jésus confie donc une mission à Ses disciples : aller vers les nations, faire d’autres disciples, les baptiser et leur apprendre à vivre selon Sa Parole.

Si je discerne bien, ô Saint-Esprit, cette mission ne consiste pas à construire des œuvres pour notre propre gloire, ni à attirer les hommes vers nous, mais à les conduire vers Jésus-Christ, afin qu’ils apprennent à Le connaître, à L’aimer et à vivre selon Ses commandements.

Le disciple ne construit pas sa propre église : il contribue, selon la grâce reçue, à faire grandir le Corps du Christ. Et cette mission ne s’accomplit pas par nos seules forces. Jésus nous le promet : Il est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Mais comment vivre cette mission ? Comment devenir, à notre tour, des instruments de Son amour ?

Une nouvelle fois, j’ai ouvert le Livre, et voici ce que j’ai lu dans la lettre de saint Paul aux Romains (12, 2-13) :

« Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. »

Puis l’Apôtre nous rappelle que nous n’avons pas tous reçu les mêmes dons ni la même mission. Nous sommes plusieurs membres, mais nous formons un seul Corps dans le Christ, et nous sommes membres les uns des autres.

Certains sont appelés à servir, d’autres à enseigner, à réconforter, à donner ou à exercer la miséricorde. Mais quel que soit le don reçu, chacun est invité à le mettre au service du bien commun.

Et saint Paul précise comment cette vie nouvelle doit se manifester : « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. »

Il nous invite à nous aimer d’une affection fraternelle, à nous respecter mutuellement, à persévérer dans la prière, à partager avec ceux qui sont dans le besoin et à pratiquer l’hospitalité.

Puis viennent ces paroles qui nous mettent à l’épreuve, car elles ne nous demandent pas seulement d’aimer ceux qui nous aiment : « Bénissez ceux qui vous persécutent ; souhaitez-leur du bien, et non pas du mal. »

Et encore :

« Autant que possible, pour ce qui dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes. »

Enfin, l’Apôtre nous donne cette exhortation qui pourrait, à elle seule, résumer une grande partie de notre cheminement à la suite du Christ :

« Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. »
(Romains 12, 21)

Alors, que répondre à la question du psalmiste ?
Qu’est-ce que l’homme pour que Dieu pense à lui et en prenne souci ?

L’homme est cette créature fragile à laquelle Dieu accorde Son attention, qu’Il appelle à Le connaître, à L’aimer et à vivre dans Sa présence. Il est celui que Dieu ne cesse d’appeler, non pour qu’il s’élève au-dessus des autres, mais pour qu’il apprenne à aimer comme le Christ a aimé. Et lorsqu’il répond à cet appel, il devient, selon la grâce reçue, un serviteur de l’œuvre de Dieu : une présence qui réconforte, une main qui relève, un cœur qui pardonne, une parole qui encourage et des bras qui s’ouvrent à celui qui souffre.

Voilà peut-être une réponse à la question du psalmiste : Dieu prend soin de l’homme et lui confie, à son tour, le soin de son prochain.

Mais cette mission exige que nous restions attentifs à la voix de l’Esprit Saint, car l’Évangile de ce jour nous rappelle que, lorsque vient l’heure de témoigner du Christ, ce n’est pas notre seule sagesse qui suffit : l’Esprit Saint nous enseigne ce qu’il convient de dire.

Encore faut-il accepter de Lui laisser la place, de ne pas confondre Sa voix avec nos propres pensées, et de demeurer humbles devant Sa Parole.

Seigneur Jésus, apprends-nous à être Tes disciples en vérité. Que nous ne cherchions jamais à prendre Ta place, mais que toute notre vie témoigne de Ta présence. Que nos paroles ne blessent pas inutilement, que nos actes ne contredisent pas notre foi et que nos dons ne servent jamais notre orgueil, mais deviennent des instruments de Ton amour. Et lorsque nous rencontrons le mal, donne-nous la force de ne pas lui ressembler ; lorsque nous sommes blessés, la grâce de ne pas rendre le mal pour le mal ; lorsque nous sommes appelés à témoigner de Toi, l’humilité de nous laisser guider par Ton Esprit Saint. Car nous comprenons que si Dieu nous fait la grâce de devenir Ses témoins, ce n’est pas pour que nous prenions Sa place, mais pour que d’autres puissent, à travers notre manière d’aimer, découvrir Celui qui nous a aimés le premier.

Seigneur, que ma vie ne parle pas de moi, mais qu’elle conduise à Toi.

Amen.